En Isère, l'été, la solidarité ne prend pas de vacances

22/08/2018
En Isère, l'été, la solidarité ne prend pas de vacances

À la Banque Alimentaire de l'Isère  les besoins sont aussi importants en été

Ce n’est pas parce que l’été bat son plein et qu’il fait chaud que les plus démunis n’ont pas besoin d’aide. Les gestes solidaires sont en effet souvent associés aux périodes hivernales, lorsque des collectes sont organisées. Mais même l’été, des associations tournent à plein régime, comme la Banque Alimentaire de l’Isère.
Son directeur, Sylvain Géry, n’a cependant pas trop à se plaindre : « On ne manque pas de bénévoles, ce sont eux qui viennent à nous. » En plus des cinq salariés à temps plein, ils sont en effet 170 à se relayer pour préparer les distributions qui se font du lundi au jeudi. Des profils divers, des retraités aux étudiants. Parmi ces derniers, beaucoup viennent dans le cadre du dispositif “Pass’Région”. Celui-ci permet à ces lycéens de se voir financer par la Région 1 000 euros pour leur permis de conduire ou 200 euros pour le passage du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). De quoi les inciter à s’engager dans la vie associative, donc, puisque 150 heures de bénévolat sont requises afin d’obtenir cette contrepartie pour le permis ou 35 heures pour le Bafa. D’autres viennent spontanément, comme Léa, étudiante de 18 ans. Depuis l’année dernière, elle donne de son temps pendant les vacances : « Mon grand-père a été président et trésorier de la Banque Alimentaire et j’avais envie de faire du bénévolat. Donc je viens quelques jours par semaine. »
Mais, à la Banque Alimentaire, la distribution ne se fait pas directement auprès des bénéficiaires. Elle livre en fait 90 associations ou centres communaux d’action sociale (CCAS) partenaires dans le département. Les structures sont approvisionnées chaque semaine, tout au long de l’année. « Pendant l’été, le nombre d’associations conventionnées baisse de 40 %, mais on distribue autant de nourriture », explique Sylvain Géry. « On donne donc plus aux associations qui restent. »
Chaque jour, ce sont ainsi entre quatre et cinq tonnes de nourriture qui transitent de la Banque Alimentaire aux associations. Sur l’année 2017, cela représente donc plus de 2 000 tonnes de denrées alimentaires livrées. Les produits frais sont fournis par les grandes surfaces, conformément à la loi Garot contre le gaspillage alimentaire. Il s’agit alors de denrées dont la date limite de consommation approche. Les bénévoles sont toutefois très vigilants à ce sujet et trient quotidiennement les approvisionnements. La Banque Alimentaire bénéficie également de dons du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) ou encore de la part d’entreprises agroalimentaires. Enfin, une grande collecte annuelle a lieu au mois de novembre pour inviter chacun à donner.
« La première association de distribution alimentaire de France », comme le rappelle le responsable de la communication Alain Provost, ne souffre donc pas de pénuries estivales. Elle fournit ainsi des repas à plus de 5 000 bénéficiaires par semaine. Pour Alain Provost, c’est la preuve, s’il en fallait encore une, que « la misère ne s’arrête pas en été ».

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